Coronavirus : à une semaine du déconfinement, Emmanuel Macron souhaite « une bonne rentrée plutôt qu’une rentrée en nombre »

Les interrogations sont nombreuses sur la réouverture des écoles, particulièrement en région parisienne où la plupart des élus refusent de les rouvrir dès la semaine prochaine.

L’épidémie de Covid-19 a causé 306 décès supplémentaires entre dimanche et lundi en France, portant à 25 201 le nombre de morts depuis le 1er mars, a annoncé la direction générale de la santé.

La nouvelle carte provisoire du déconfinement prévu à partir du 11 mai, qui fait la synthèse de deux indicateurs (circulation active du virus et les capacités de réanimation), reste, elle, inchangée par rapport à la veille, avec 32 départements « rouges », 19 « orange » et 50 « verts ». Le 7 mai, il ne restera que deux catégories – vert et rouge – qui détermineront le niveau de relâchement des restrictions mises en œuvre depuis le 17 mars. Dans ce contexte, le déconfinement très progressif prévu à partir du 11 mai se prépare, mais de nombreux doutes et inquiétudes subsistent.

Emmanuel Macron en visite dans une école

Dans la course d’obstacles vers le déconfinement, Emmanuel Macron s’est rendu, mardi matin, dans une école de Poissy (Yvelines) pour tenter de rassurer les élus et les enseignants, en compagnie du ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer. Les interrogations sont nombreuses, particulièrement en région parisienne où la plupart des élus refusent de rouvrir les écoles dès la semaine prochaine.

A l’issue de cette visite, le chef de l’Etat a répondu aux questions de deux journalistes de France Télévisions et de TF1. M. Macron a d’emblée écarté la possibilité de contraindre les maires à rouvrir les écoles, affirmant préférer « une bonne rentrée plutôt qu’une rentrée en nombre ». De même, « on ne dira jamais à un enseignant pour qui les conditions ne sont pas remplies “vous devez venir travailler” ».

Le chef de l’Etat a exhorté les habitants des départements classés « vert » à ne rien relâcher en matière de gestes barrières et a appelé à éviter tout « brassage » entre départements à l’approche des week-ends de l’Ascension et de la Pentecôte.

« Il est trop tôt pour dire si on pourra avoir des vacances » cet été, « on le saura début juin », a par ailleurs déclaré Emmanuel Macron. « On va limiter les grands déplacements internationaux, même pendant les vacances d’été. On restera entre Européens, peut-être faudra-t-il réduire un peu plus » en fonction de l’épidémie, a-t-il averti.

Quelque 329 maires d’Ile-de-France, dont la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, ont écrit dimanche au président pour lui demander de repousser la réouverture des écoles à une date ultérieure, dénonçant un déconfinement « à marche forcée ».

Un protocole sanitaire très strict doit encadrer la réouverture des écoles : lavage de mains à répétition, bureaux espacés d’au moins un mètre, port du masque obligatoire ou conseillé selon les circonstances… Un vrai casse-tête pour les communes chargées de préparer cette rentrée à hauts risques.

Les sénateurs examinent le projet de loi sur l’état d’urgence sanitaire

Le Sénat, à majorité de droite, n’a pas validé lundi la stratégie de déconfinement du gouvernement avec une abstention « massive » des élus Les Républicains (LR) et un vote contre des groupes socialiste et communiste. Présenté par le premier ministre, ce plan avait été approuvé par l’Assemblée nationale, à majorité La République en Marche, le 28 avril. Ces deux votes, symboliques, n’ont pas d’impact sur le lancement du déconfinement.

Le Sénat a aussi entamé, lundi soir, l’examen du projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire, fermement décidé à y « inscrire des garanties essentielles » en vue du déconfinement. Cet examen se poursuivra mardi après-midi et éventuellement le soir. Le texte ira ensuite à l’Assemblée nationale, en vue d’une adoption définitive avant la fin de semaine.

Dans un premier temps conciliant pour faire face à l’épidémie, le Sénat a changé de ton, faisant même peser la menace d’une saisine du Conseil constitutionnel si la question de la responsabilité des élus locaux dans la gestion du déconfinement n’était pas résolue. Le détail de l’examen de lundi :

– les sénateurs ont donné très largement leur accord au dispositif visant à aménager le régime de responsabilité pénale des employeurs, élus locaux et fonctionnaires qui seront amenés à prendre des mesures pour la sortie du confinement. Le dispositif adopté, contre l’avis du gouvernement, prévoit que, pendant l’état d’urgence sanitaire, « nul ne peut voir sa responsabilité pénale engagée » pour des contaminations par le coronavirus, sauf en cas d’intention délibérée, imprudence ou négligence.

– ils ont validé la date du 10 juillet retenue par la commission pour le terme de la prolongation de l’état d’urgence, alors que le texte initial du gouvernement le prorogeait jusqu’au 24 juillet.

– adopté un amendement visant à écarter les Français des collectivités et territoires d’outre-mer d’un placement préventif en quarantaine à leur arrivée dans l’Hexagone.

– rejeté, au terme d’un long débat, un amendement visant à permettre le placement contraint à l’isolement en cas de refus réitéré des préconisations médicales par une personne infectée ou présentant un risque d’infection.

Le controversé article 6 sera examiné mardi en séance publique. Il prévoit la création d’un « système d’information », destiné à identifier les personnes infectées ou susceptibles de l’être, ainsi que celles qui ont été en contact avec elles, afin de remonter les chaînes de contamination.

Les intermittents bénéficieront d’un dispositif de protection pendant l’été

Le ministre de la culture, Franck Riester, travaille sur un dispositif de protection des intermittents du spectacle durant les mois d’été mais n’a pas encore tranché sur l’éventualité de leur accorder l’« année blanche » qu’ils réclament.

Interrogé par un auditeur au micro d’Europe 1, le locataire de la rue de Valois a réfuté rester inactif, alors qu’Emmanuel Macron doit annoncer des mesures pour le monde de la culture mercredi.